1er congrès
international
de la condition masculine
Paroles d’hommes
Quand l’homme reprend la
parole…
Congrès tenu les 8 et 9 mars 2003
Au forum Ste-Clotilde, Genève, Suisse
Les actes du congrès sont publiés par
Les éditions Option Santé
Catalogue avant publication de la
Bibliothèque du Canada
Paroles d’hommes : 1er congrès international de la
condition masculine.
Thème : Quand l’homme reprend la
parole…
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Photographie des auteurs : Érick
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Dépôt légal : 2er trimestre
2003
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Bibliothèque nationale du Canada
ISBN 2-922598-11-X
Distributeurs exclusifs
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Imprimé au Canada et en Europe
« L’homme
est le meilleur ami de la femme,
à condition que l'un comme l'autre
apprennent à se faire respecter.»
Élizabeth
Badinter
Préface : Un peu d’histoire
1. Les articles de journaux
·
En
péril, la condition masculine va vivre son 1er congrès, Philippe
Barraud
·
Entre
patriarcat et introspection, C. P.
·
Les
hommes demandent de reprendre la parole, Laurence Naef
·
S’ils
souffrent, qu’ils en parlent, Laurence Naef
·
Je
ne suis pas là pour me battre avec eux, Laurence Bézaguet
·
À
Genève pour se rebiffer, Michel Noverraz
·
Le
1er congrès d'hommes attire beaucoup de femmes
2. Les réactions féministes
·
Les
courriels reçus
·
Les
articles dans les journaux féministes
·
Un
tract du Collectif Féministes un jour, féministes toujours
·
Une
manifestation anti-congrès
·
Publicité
d’un journal de Genève
3. Les autres réactions
1. Mot de bienvenue et le manifeste de
l’homme, John Goetelen (Suisse)
2. La femme n’est pas l’avenir de
l’homme, John Goetelen (Suisse)
3. La violence faite aux hommes : mythes
et réalité , Yvon Dallaire (Québec)
4. La tendresse suspecte, Oleg
Khochtchouk et Raymond Zoller (Suisse)
5. Pourquoi la virilité sociale
dépend-elle de la virilité sexuelle ? Willy Passini (Suisse)
6. L’homme battu. Un tabou au cœur du
tabou, Sophie Torrent (Suisse)
7. Homme et fier de l’être, Yvon Dallaire
(Québec)
8. Les réseaux d’hommes : quand les
hommes parlent, Patrick Guillot (France)
9. Messieurs, cessez d’être
gentils et/ou méchants, soyez soyez un homme vrai, Thomas
D’Ansembour (Belgique)
10. Le film Entre père et fils, réalisé et présenté par Serge Ferrand (Québec)
11. Débat « Briser le silence qui
entoure la cause des hommes » animé par John Goetelen
1. Les articles de journaux
·
Ceci
n'intéresse pas les hommes
·
Le
1er Congrès de la condition masculine entame des négociations de
paix entre les sexes
·
Les
mâles mis à mal
·
Pauvres
petits mâles…
·
Démonstration
féministe au congrès des hommes
2. Les réactions féministes
3. Les autres réactions
·
Communiqué de John Goetelen à la presse locale
·
Content
d’être un gars, magazine virtuel animé par M. Yves Pageau
·
Télévision Suisse Romande, Émission Mise au Point,
animateur : Patrick Fischer
·
Lettre expédiée par John Goetelen aux congressistes
1.
Création d’un observatoire international de la condition masculine
2.
Création d’un site Internet universel sur la condition humaine
3.
Le prochain congrès international Paroles
d’hommes
Post-face
Un peu d’histoire
C’est lors d’une participation au Salon
Mednat de Genève en octobre 2002 que John Goetelen[1],
directeur de l’École de soins Naturels de Genève, me proposa, après avoir lu
mon livre Homme et fier de l’être[2],
d’offrir une conférence sur le sujet. De fil en aiguille, nous en sommes venus
à donner une ampleur plus grande à cette idée de conférence. D’une soirée, nous
sommes passé à une journée consacrée à une rencontre entre hommes. Finalement,
nous avons décidé de mettre sur pied non seulement le 1er Congrès International Paroles d’hommes, mais une activité annuelle sur la condition
masculine adressée tant aux hommes qu’aux femmes soucieux de l’harmonisation
des relations homme-femme et de l’avenir de nos enfants et de notre humanité.
Nous avions à peine quelques mois pour
organiser un congrès international. Imaginez ! À un certain moment, en
décembre, nous avons hésité devant l’ampleur de la tâche à accomplir et nous
avons presque failli abandonner. Mais, John et moi, nous nous sommes retroussé
les manches et avons foncé. L’enthousiasme des intervenants déjà contacté et
l’atmosphère dans laquelle s’est tenu le congrès nous ont convaincu que nous
avions bien fait, malgré le déficit financier encouru.
Ce congrès s’est donc tenu à Genève les
8 et 9 mars 2003. Contrairement à la croyance de certaines, ces dates n’ont pas
été retenues comme provocation à la Journée Internationale des Femmes, même si
nous nous doutions que cela ne manquerait pas de soulever certaines réactions.
La seule et unique raison du choix de ces dates a été la disponibilité des
intervenants, particulièrement du soussigné, alors en tournée européenne de
conférences. À preuve, le 2e Congrès International Paroles d’hommes aura lieu au Québec en juin 2004.
Nous avons ainsi réuni huit
intervenants et une intervenante provenant de la Suisse, du Québec, de la
France et de la Belgique. Ils ont présenté leur perception de la condition
masculine à une centaine de participants (dont environ 30 % de femmes)
provenant aussi de différents pays, surtout de la Suisse et de la France toute
proche, mais aussi un participant du Japon.
Je tiens à souligner que ce congrès
s’est réalisé sans aucune subvention gouvernementale ni aucune aide pécuniaire
de quelque organisme que ce soit.
Yvon Dallaire
Président et co-organisateur
Édition Option Santé
Présentation du Congrès
« Quel homme peut se vanter de n’avoir jamais fait l’objet de ridicule, de critique, de discrimination ou de rejet parce qu’il est un homme ? Depuis l’avènement du mouvement féministe, on constate que les attaques contre les hommes se sont multipliées et que la virulence de ces attaques a atteint des proportions inouïes. Par exemple, on les accuse publiquement d’être des violeurs en puissance, des abuseurs d’enfants, des irresponsables, des insensibles, des incompétents au lit, des êtres qui ne communiquent pas et qui n’expriment pas leurs émotions. En somme, on les accuse d’être la cause de toutes sortes de problèmes dans le couple, la famille et la société. Ou encore on les banalise dans ce qu’ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent au point de les aliéner. Dans un cas comme dans l’autre, pour les féministes, l’homme représente l’ennemi à abattre ou l’animal à dresser.
Est-ce que l’homme est aussi méchant ou aussi minable que le suggèrent les féministes ? Est-ce que les femmes et les enfants seraient mieux si les hommes disparaissaient de la planète ? L’homme doit-il changer pour se conformer aux attentes de la femme ? La femme doit-elle s’adapter à ce qu’il est ? Qu’est ce qui fait la valeur de l’homme ? C’est quoi être un homme dans le monde d’aujourd’hui ? Quelle est la fonction de l’homme dans le couple ? Dans la famille ? Est-ce qu’un homme peut être heureux en tant qu’homme ? Est-ce que la femme peut être heureuse avec l’homme et, inversement, est-ce que l’homme peut être heureux avec la femme ? » [3]
Voilà quelques-unes des questions fondamentales qui ont guidé les organisateurs et les intervenants de ce premier congrès international sur la condition masculine. Nous espérons avoir apporté des réponses ou du moins des pistes de recherche de réponses.
Que veut dire « Être homme » aujourd’hui ? La réponse n’est pas simple, ni facile. Continuerons-nous d’être les pourvoyeurs de nourriture et de biens matériels que nous avons été depuis des millions d’années ou découvrirons-nous enfin les multiples possibilités de croissance personnelle, conjugale, familiale et sociale que, justement, nos prouesses technologiques nous donnent et que les saines féministes ont découvertes avant nous, hommes ?
Pour nous aider à réfléchir sainement et sous la présidence d’honneur de l’écrivain Paul-Loup Sulitzer[4], nous avons donc construit un programme autour du thème « Quand l’homme reprend la parole… »
Programme du congrès
09.00: Ouverture
des portes et accueil des participants.
09.30: La femme n'est pas l'avenir de
l'homme : deux axes de travail sur la masculinité.
John Goetelen, naturopathe et directeur pédagogique. Suisse.
11.00: La violence faite aux hommes : mythes et
réalité.
Yvon Dallaire, psychologue, sexologue et auteur. Québec, Canada.
12.30: Pause
repas.
14.00: La tendresse suspecte (Pères
présumés coupables).
Oleg Kochtchouk et Raymond
Zoller, Mouvement de la Condition Paternelle. Suisse.
15.30: Pourquoi la
virilité sociale dépend-elle de la virilité sexuelle ?
Dr. Willy Pasini, sexologue et auteur.
Suisse.
17.00: Pause.
17.30: L'homme battu. Un tabou au
cœur du tabou.
Sophie
Torrent, Diplômée en travail et politiques sociales. Suisse.
19.00: Pause
repas
20.30: Projection du film Entre père et fils suivie d'un débat.
(Soirée réservée aux hommes)
Serge Ferrand, auteur et réalisateur. Québec, Canada.
09.00: Ouverture
des portes.
09.30: Homme
et fier de l'être.
Yvon Dallaire, psychologue, sexologue
et auteur. Québec, Canada.
11.00: Les réseaux d’hommes : quand
les hommes parlent.
Patrick Guillot, Auteur et animateur du Réseau Hommes Rhône-Alpes. France.
12.30: Pause
repas.
14.00: Messieurs, cessez d'être
gentils et/ou méchants, soyez un homme vrai.
Thomas d'Ansembourg, auteur, thérapeute, Belgique.
15.30: Projection du film Entre père et fils suivie d'un débat.
(Pour hommes et femmes)
Serge
Ferrand, auteur et réalisateur. Québec, Canada.
17.00: Pause.
17.30: Briser le silence qui entoure
la cause des hommes.
Débat avec le public et
les intervenants.
19.00: Fin du congrès.
Au même titre
qu’il y a déjà quelques décennies, des femmes et des hommes se sont levés pour
mettre de l’avant l’égalité entre les deux sexes à tous les points de vues,
autant aujourd’hui des hommes et des femmes reprennent la parole pour dénoncer
les exagérations d’un mouvement au départ légitime mais qui est
actuellement en train de créer de nouvelles injustices : discrimination
positive au travail ; préjugés favorables aux mères en cas de divorce (80 à 92
% des enfants sont confiés à la garde exclusive des mères), fausses allégations
de violence, d’agression sexuelle ou d’inceste (40 % selon certaines études)
sans possibilité de poursuite pour diffamation ; pensions alimentaires
disproportionnées ; forte hausse du décrochage scolaire des garçons ;
augmentation effarante de prescription de Ritalin©…
Nous nous
refusons à accepter que l’homme soit le côté sombre de l’humanité. C’est
pourquoi nous avons tenu ce congrès.
Chapitre premier :
Les articles de journaux
Le 1er congrès international
Paroles d’homme a reçu une excellente couverture médiatique tant avant qu’après
le congrès. Des journalistes des deux sexes se sont déplacés pour assister aux
présentations ou interviewer les intervenants.
Nous reproduisons ici, avec l’autorisation des auteurs et de la
rédaction, les principaux articles de la presse locale que nous avons pu
trouver.
1. Jeudi, 27 février 2003, Journal Le
Temps, un article de Philippe Barraud intitulé :
En péril, la condition
masculine
va vivre son premier
congrès international
à Genève.
BLUES. Entre la perte des repères
traditionnels et des divorces dévastateurs, les hommes ont du vague à l'âme, et
mal à leur identité. Un congrès fera le point le week-end prochain.
« Paroles
d’hommes », c'est le premier congrès international de la condition
masculine. Il se tiendra à Genève les 8 et 9 mars au Forum Sainte-Clothilde de
Genève et réunira des orateurs aussi divers que Paul-Loup Sulitzer, Willy
Pasini ou encore Yvon Dallaire, auteur d'un livre intitulé « Homme et fier de l'être ».
Une position apparemment difficile à
tenir aujourd'hui car, selon les organisateurs, l'homme fait l'objet d'une
attaque globale en règle, victime des mythes anti-hommes véhiculés par la
société comme du féminisme radical, et trop souvent condamné au triste rôle de
payeur de pensions alimentaires par des juges indifférents à sa souffrance.
Car c'est là, chez les divorcés souvent
dévastés par la privation de leurs droits de père, que se recrutent la plupart
des croisés de la condition masculine. Ils croyaient avoir une chance devant la
justice, et ils en ont pris plein la figure. Classique, hélas. Mais faudrait-il
pour autant verser dans la misogynie agressive, comme on peut le voir dans ce
chef-d'œuvre qu'est « Magnolia » de Paul Thomas Anderson ? On y voit Tom
Cruise, en leader d'un mouvement machiste, prôner devant des hommes frustrés la
tactique vengeresse du « séduire et détruire », tout en professant: « The power
to the cock ! » – slogan qu'on aura le bon goût de ne pas traduire.
Il est vrai que l'organisateur du
congrès de Genève, John Goetelen, voix douce et intelligence subtile, est à
l'opposé de cette figure de matamore. Il ne veut pas allumer une guerre des
sexes, surtout pas, mais rétablir un équilibre qu'il juge rompu.
Le Temps : Selon vous, il existe une tendance collective à
charger les hommes de tous les maux de la terre. Mais de la part de qui ? La
société en général ? Les femmes ?
John Goetelen : C'est une tendance générale. On surfe sur une sorte
d'hystérie anti-hommes. Par exemple, avec les affaires de pédophilie, on a
diabolisé tous les hommes. Il faut redéfinir l'homme par rapport à ses propres
schémas personnels. Il y a d'une part un repositionnement social, public, et
d'autre part un repositionnement intérieur. Lorsqu'ils ne savent pas gérer leur
sensibilité, les hommes ont tendance à réagir soit par la fermeture, soit par
l'agressivité. Cela parce qu'ils sont encore imprégnés des schémas dans
lesquels ils ont été élevés.
– Mais la société tolère assez mal que
les hommes expriment leur sensibilité...
– C'est vrai. On attend toujours chez
l'homme l'image du pourvoyeur de force et de sécurité. On dit certes qu'on
voudrait des hommes sensibles, mais en même temps ils n'ont pas vraiment leur
place.
– A-t-on fait trop de place aux femmes,
à votre avis ?
– Le dire serait faire un reproche au
mouvement féministe, qui a apporté d'excellentes choses, pour les hommes aussi
– y compris le changement de certains comportements, comme ceux des « mecs
lourds» (Le Temps du 21 février 2003).
Disons qu'il y a eu pendant longtemps une polarisation sur la condition
féminine, et l'homme a été un peu oublié. Il l'était depuis longtemps en ce qui
concerne la garde des enfants après divorce, il l'a été dans sa propre
auto-définition. Et puis, il y a eu dans le féminisme des dérapages qui ont
diabolisé l'homme, et l'homme n'a pas assez réagi face à cela. Il y a une
tendance anti-hommes qu'il se doit de renverser, car ce n'est bon ni pour lui
ni pour la femme, ni pour les enfants – et donc pas bon non plus pour la
société.
– J'ai l'impression qu'il y a parmi
ceux qui vous suivent beaucoup d'hommes blessés par un divorce mal vécu...
Est-ce le cas ?
– Tout à fait. C'est une bonne partie
de notre public de base, des gens qui ont vécu des ruptures, des parentés
déniées, des événements qui les ont fortement atteints moralement,
affectivement et financièrement. Beaucoup d'hommes sont détruits par ces
situations. Il y a une grande souffrance de fond, mais on n'en parle pas.
– Mais les responsables de ces
situations sont aussi les juges. Mettez-vous en cause le droit tel qu'il
existe, puisqu'un homme n'a pratiquement aucune chance d'obtenir la garde de
ses enfants ?
– Bien entendu. Les juges ont des
positions qui datent de la fin du XIXe siècle, une époque où l'homme,
révolution industrielle oblige, était peu présent dans sa famille. Or, les
juges ne se sont pas adaptés à la situation actuelle, où beaucoup de pères sont
plus disponibles et souhaitent exercer leur rôle.
– Vous dénoncez des manœuvres visant à
dépouiller financièrement les hommes, ou à les charger devant la justice. De
quoi s'agit-il ?
– Les plaintes pour abus sexuels ont
commencé à se multiplier ces dernières années. Au Canada, on estime qu'il y a
jusqu'à 40 % de fausses plaintes. À Genève, des affaires récentes ont montré
que certaines femmes étaient prêtes à recourir à ce genre de démarche, en
surfant sur la vague anti-hommes.
– N'avez-vous pas peur de rassembler
aussi des gens qui ont seulement envie de donner libre cours à leurs rancœurs,
voire à leur misogynie ?
– C'est un risque. On ne pourra
peut-être pas échapper à certaines rancœurs. Aux États-Unis, il existe des
mouvements à tendances machistes. Ce n'est pas mon cas. En tant qu'homme, j'ai
envie d'assumer ma complexité. Les schémas classiques ne me satisfont en aucun
cas et je n'ai pas envie de les entretenir. L'homme est très perdant s'il se
résume à un pénis en érection, à l'agressivité et à la force imperturbable.
– Les femmes seront-elles admises au
congrès ?
– Tout à fait. Il est important pour
nous qu'elles puissent être présentes. Il n'y a qu'une soirée qui sera réservée
aux hommes, mais qui sera partagée le lendemain. Il s'agit de la projection
d'un film sur la relation père-fils et les valeurs qui sont transmises, après
quoi ils pourront en débattre ensemble. Le lendemain, les femmes pourront être
présentes et participer à la discussion qui suivra cette deuxième projection.
© Le Temps, 2003 . Droits de
reproduction et de diffusion réservés.
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2. Le 8 mars 2003. Journal 24 Heures,
un article de C. P. intitulé :
Le 1 Congrès
international de la condition masculine
a lieu ce
week-end à Genève.
Choisir les 8 et 9 mars pour tenir le 1er Congrès international de la condition
masculine — avec au menu des thèmes tels que « la femme n'est pas l'avenir de
l'homme » — une provocation ? « Une question de disponibilité des orateurs et
de la salle », se défend John Goetelen, naturopathe et organisateur du congrès.
Un concours de circonstances qui aura tout de même l'avantage de réduire
considérablement le risque d'intrusion de féministes en son sein.
Le point de départ de ce colloque réside dans le divorce mal vécu de John Goetelen et des nombreux témoignages qu'il a pu entendre dans le cadre de sa profession, des réseaux hommes et du mouvement pour la condition paternelle. L'objectif : aborder la réalité complexe de l'homme, son rôle de père ou les problèmes de garde des enfants lors d'un divorce. John Goetelen souligne d'emblée la multiplication de « fausses plaintes pénales » de la part de femmes contre leurs (ex-) maris pour attouchements sexuels, par exemple, ou l'existence d'une violence féminine « physique ou psychologique » à l'égard du genre masculin. Les hommes, des martyrs ? « L'homme a été culpabilisé à outrance, beaucoup n'osent plus regarder une femme sans se sentir coupables, ni faire preuve de tendresse envers leurs propres enfants sans craindre d'être soupçonnés de pédophilie », déclare le naturopathe. L'autre axe qui lui paraît fondamental : la dimension intérieure de l'homme. « Savoir quoi faire de ses émotions. Il faut repenser les rôles ancestraux et sortir du clivage silence / agressivité. L'homme a besoin de s'affirmer ; en même temps il a peur de ne pas paraître assez fort. » Sur la soixantaine d'inscrits, il y aurait une vingtaine de femmes. Quant à Paul-Loup Sulitzer, président d'honneur, il n'aura vraisemblablement pas l'autorisation de quitter le territoire français, étant sous contrôle judiciaire depuis sa mise en examen dans l'affaire Falcone (vente d'armes à l'Angola). Qu'à cela ne tienne, une femme le remplacera : Mme Sophie Torrent, diplômée du Département de travail social et des politiques sociales de l ‘Université de Fribourg, qui traitera du sujet des hommes battus.
© 24 Heures, 2003 . Droits de
reproduction et de diffusion réservés.
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3. Un article de Laurence
Naef intitulé :
Les hommes demandent de
reprendre la parole.
avec « l’homme
blessé » Paul Loup Sulitzer
Après des années de féminisme, des
hommes ressentent le besoin de redéfinir leur identité, leurs rôles dans la
société. La place qui, de haute lutte, a pu être en partie reprise par les
femmes, n’a pas, parallèlement, permis à l’homme de sortir de son schéma.
Résultat : « Ils souffrent et n’osent pas le dire. »
Ce constat, qu’il ne faut en aucun cas
généraliser, mais qui touche plus de pères et d’époux (et d’ex-époux) qu’on ne
le pense, a incité John Goetelen, naturopathe, fondateur de l’École de soins
naturels, à organiser un Congrès international de la condition masculine[5].
Premier du genre, il aura lieu les 8 et 9 mars. Le 8 mars, Journée de la
femme ? Est-ce une provocation ? « En aucun cas. Ce congrès
n’est pas un procès fait aux femmes. Ces dates ont été choisies en fonction des
disponibilités des orateurs. »
Le thème de la condition masculine est
encore entouré de tabous. Cependant, depuis une petite dizaine d’années, des
« réseaux hommes » se sont constitués au Canada, en Belgique, en
France, en Suiise Iils feront l’objet d’un des thèmes du congrès). Il s’agit de
lieux où ils peuvent prendre la parole, eux qui ont tant de difficultés à
exprimer leur sensibilité. « L’homme est plus complexe qu’on ne l’imagine,
relève John Goetelen. Il a beaucoup de peine à sortir des schémas
réducteurs : il n’est ni totalement prince charmant, ni totalement
Babe-Bleue. »
Si la plupart sont principalement à la
recherche d’un équilibre des relations humaines, il ne faut pas cacher que les
mouvevements de la condition masculin ont pour origine des problèmes plus
concrets. Les conséquences affectives et financières dues aux divorces, les
excès d’accusations d’abus sexuels à des fins procédurales, les attaques
systématiques d’une grange intégriste du féminisme sont autant de thèmes qui
affectent les hommes sans qu’ils n’aient jusqu’ici osé se défendre.
Ces « pères présumés
coupables » feront l’objet d’une intervention lors du congrès par des
responsables du mouvement de la condition paternelle en Suisse. « Le père
est très vite suspecté, sa tendresse vis-à-vis de ses enfants ne peut plus être
naturelle, soutient John Goetelen. Au Québec, par exemple, 40 % des plaintes de
femmes pour abus sexuels sont fausses. Les pères se trouvent trop facilement
privés de leurs enfants, leurs droits de visite sont souvent effectués sous
surveillance même s’il n’y a pas eu de gestes équivoques. L’enfant est pris en
otage dans ce type de conflit. »
Un film canadien illustrera la relation
positive père-fils. « La mère a tout à gagner d’un tel rapport dans lequel
l’homme se sent équilibré. Car, pour un enfant, la perte des repères paternels,
l’absence d’une image claire, est source de problèmes très complexes qui se
traduit souvent par une régression ou un comportement agressif. »
L’amélioration du dialogue est donc nécessaire. À ce propos, les femmes seront
bienvenues dans l’assistance. « Mais la parole devrait être prioritairement
laissée à ceux pour qui ce congrès est organisé. Ainsi le film sera-t-il
projeté le samedi pour les hommes seuls et le dimanche pour les deux sexes,
avec l’espoir qu’un dialogue constructif s’instaure. »
Cette « reprise de parole »
publique qu’organise l’Agence Créative de John Goetelen a été conçue avec un
psychologue-sexologue canadien, Yvon Dallaire, auteur de Homme et fier de l’être, qui sera présent. Il évoquera le problème
de la violence faite aux hommes. Une violence souvent psychologique face à laquelle
l’homme ne sait souvent pas trouver de réponse autre que celle qui lui a été
imposée par la société : exercer sa propre violence pour ne pas assumer sa
sensibilité et pour se montrer fort. Beaucoup d’ambiguïté est issue de ce
paradoxe : avec sa force, l’homme est rassurant ; mais peut aussi
être dangereux.
Président d’honneur, l’écrivain
Paul-Loup Sulitzer viendra (si la justice française lui donne l’autorisation de
sortir du territoire, sinon on aura recours à la vidéo-conférence) témoigner de
« l’homme blessé » qu’il est devenu depuis ses déboires conjugaux et
la perte de sa fortune et de ses enfants.
• •
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4. Un article de Laurence
Naef intitulé :
Quoi ? Ces hommes, qui sont
toujours très majoritairement aux commandes, osent de plaindre, se poser en
victimes ? En apprenant l’existence de ce congrès de la condition
masculine, une féministe a envoyé un e-mail à son organisateur, John
Goetelen : « Ça y est, les mascculinistes arrivent ! »
Évidemment, il y avait danger à se
lancer dans une telle initiative. Celui de ne pas être politiquement correct, à
l’heure où l’égalité entre hommes et femmes est loin d’être réalisée, la femme
n’ayant pas encore gagné les galons qu’elle mérite dans la vie professionnelle.
Il n’empêche que, durant toutes ces décennies, au cours desquelles elles ont pu
revendiquer une place, s’affirmer, s’exprimer davantage et être écoutées, bien
des hommes ont piétiné. Enfermés dans leur rôle, certains se sont laissé
déborder, tentant de rester forts et devenant de plus en plus faibles, car
incapables d’exprimer leurs besoins.
Il y a le macho qui n’a toujours rien
compris, le violent qui frappe parce qu’il ne sait pas communiquer ; mais
il existe aussi l’homme qui voudrait partager mais qui n’a pas appris à
extérioriser sa sensibilité et à gérer ses émotions ; il se vit en
déséquilibre. L’inégalité subsiste donc. Mais elle penche, en l’espèce, du côté
de ces hommes. Pour que les générations futures ne souffrent pas trop du manques
repères – un problème très actuel – il est donc souhaitable qu’ils trouvent la
juste mesure de leur force. Ce n’est en effet pas en devenant des victimes
qu’ils gagneront en sérénité et atteindront le juste équilibre.
Si ce congrès peut aider les participants
à mieux se situer dans la société, ce sera tout bénéfice pour les femmes.
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• • • •
5. Un article de Laurence
Bézaguet intitulé :
« Je ne suis pas là
pour me battre contre eux »
« Il est évidemment anormal qu’on prive un père de ses enfants. Je regrette cependant la logique de guerre du premier Congrès international de la condition masculine, qui n’est pas du tout mon mode de fonctionnement ! » commente Fabienne Bugnon, directrice du service pour la promotion de l’égalité entre homme et femme, depuis le début de l’année. « Je ne nie pas la violence faite aux hommes, mais 90 % des violences sont subies par